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samedi 9 février 2008

Un volcan pour l'anniversaire

7 février
Le 7 février est la journée de l’anniversaire de décès de ma mère.
Cette année, les choses me semblaient différentes, car le 7 février pour moi, n’est pas la même journée que pour le reste de ma famille.
Les 18hres de décalage horaire, nous font vivre les événements de manières différentes et en des jours différents.

Je cherchais la façon de m’offrir cette journée.
Depuis plus d’une semaine je bougeais les pièces du casse-tête, ne souhaitant pas passer la journée de cet anniversaire, assise dans un autobus…
C’est alors que j’étais au musée Te Papa à Wellington, je changeai mes plans.
Tangariro. Un volcan.
Un volcan pour le 3ième anniversaire.

J’ai déjà abordé le sujet, mais c’était au mois d’août, alors que j’étais à Jasper… C’était le 20 août, la journée de l’anniversaire de naissance de ma mère.
Dès le premier anniversaire, j’ai décidé que ces journées-là, moi, je ne travaillais pas. Ce sont des journées que je décide de m’offrir. Pas pour pleurer le triste souvenir. Mais pour célébrer les heureux souvenirs et surtout célébrer la vie.
Ma mère était ce que j’aimais le plus.
Je garde d’elle l’un des aspects de sa vision de la vie : j’accepte ce que la vie met sur mon chemin, j’accepte mes épreuves.
Je crois qu’elle était comme ça. Je la voyais comme ça.

Je me souviens d’elle à quelques mois de sa mort, heureuse, souriante et positive. Sûrement avait-elle ses moments tristes, mais sa force était en son positivisme.

Sa mort n’est certes pas un événement heureux, mais j’accepte l’épreuve. Mon cheminement à travers mon deuil m’a amené en tirer le maximum.

J’ai travaillé à transformer cet événement malheureux en quelque chose de positif.
Qu’est-ce que j’apprends de la vie à travers cette épreuve ?
Qu’est-ce que j’apprends sur moi ?
Cet événement m’a beaucoup transformé, et je deviens une femme dont elle serait bien fière.
Ça je le sais.

Je sais quelle portait en moi beaucoup d’espoirs. Elle me disait souvent qu’il n’y avait aucune limite pour moi. Que je pouvais faire tout ce que je voulais et que le fait d’être une fille ne devrait jamais me restreindre.
Elle projetait en moi, cette capacité de m’affirmer. Elle qui trop souvent était restée muette.

Prendre ma place et foncer était ce qu’elle souhaitait pour moi. Cette confiance qu’elle portait en moi, je le sentais, j’avais ce feu… celui de devoir foncer et ouvrir des portes. J’ai longtemps cherché comment le faire. J’en ai été frustré de ne trouver la sortie, de ne trouver ma voie, ma voix.

Aujourd’hui, j’ai maintenant l’impression de suivre ma route, d’enfin commencer à déployer mes ailes.

Ce troisième anniversaire est un moment important dans la guérison de mon deuil.
Mon deuil qui m’a amené à faire ce voyage.
Qui m’a amené à aller chercher au fond de moi. Me sortir de ce que je connais pour vraiment voir qui je suis. Sans pression et sans observateur.
J’ai appris à respirer.

Pour ce troisième anniversaire, je me suis offert un volcan.
J’aimais l’idée de m’élever à 2291mètres d’altitude. C’est à 5h40 du matin que l’autobus est venu nous chercher. Et c’est à 7h24 que je prenais la route.
Tangariro crossing. La randonnée consiste à traverser le parc national.
7 à 8 heures de marche, 17km, dans le pays de Lord of the Ring.
Plusieurs scènes de combat ont été tournées à cet endroit.
La première partie de la marche consistait à se rendre jusqu’à South Crater, environ 2 heures de marche. Ce qui nous amenait au pied du plus haut volcan du parc national.

Le mont Ngauruhoe.
Un trois heures de marche supplémentaire. Dit extrêmement difficile, à faire uniquement si la première partie a été facile.
Je m’y engageai, laissant derrière moi, les autres marcheurs de mon groupe.
Je débutai l’ascension. Ce qui rendait les choses difficiles était le sol… sablonneux avec plusieurs petites roches, il était impossible d’avoir une bonne prise dans le sol.
La vue à cette altitude était superbe.
Et l’inclinaison était des plus surprenantes.
L’air se faisait plus rare.
Je commençais à avoir le vertige. Et j’avais surtout la frousse d’en redescendre…
J’arrêtai mon ascension environ 100 mètres du cratère.
Je ne sais pas pourquoi j’ai arrêté. Peut-être mon vertige.
Peut-être que je ne voulais pas avoir en redescendre ces 100 mètres supplémentaires, je regardais ma montre et étais inquiète du temps qu’il me restait avant de prendre le dernier autobus de retour...Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas continué.
Ce n’était pas la fatigue, je me sentais encore en forme.

Maintenant je me dis que j’aurai dû poursuivre pour pouvoir lancer un grand cri du dessus du volcan. Mais j’étais déjà bien fière d’avoir affronté de la sorte mon vertige.
J’aurai dû poursuivre d’autant plus que la descente était vraiment le fun !
C’était faire du ski dans le sable et les roches volcaniques. Entendant parfois «Rocks » quand une roche dévalait la pente.
Redescendue de mon volcan, je poursuivi la marche pour un 4 heures supplémentaires.
L’arrêt suivant fût au Red Crater.
C’était hallucinant !
Du Red crater on pouvait voir les lacs émeraude… Hallucinant !
De là, la descente commençait. Une longue et lente descente. Offrant des paysages et une végétation différente.
J’étais encore pleine d’énergie. Mais je trouvai la descente difficile pour les genoux.
J’arrivai au stationnement vers 15h35. Après 8h10 de randonnée (incluant un 3heures d’extra)
Encore pleine d’énergie, les genoux douloureux, je dormi dans l’autobus.
Je conservai cet énergie durant quelques heures… jusqu’au sauna et la douche. Après le souper, j’étais simplement claquée et parfaitement heureuse de ma journée.

Heureuse aussi de l’avoir fait seule.
J’avais eu la journée pour réfléchir, pour apprécier.
Ce fût une superbe journée.

Alors que j’étais en pleine ascension de mon volcan, je reçu un message texte sur mon cellulaire. Mon amie Marie qui me souhaitait une bonne journée, elle pensait à moi et voulait me dire qu’elle était certaine que ma mère était fière de moi.

Je n’avais pas à atteindre le sommet pour qu’elle soit fière.
Elle doit être fière de savoir que j’apprécie la vie, rien de plus.

Merci mon amie pour ton message, merci d’y avoir pensé, toi qui connais le sens de cette absence.

Flavie L'amour


6 février
J’ai rencontré Flavie par hasard.
Assise sur une terrasse, bière et pizza sur la table, j’écrivais.

Puis la petite demoiselle à l’accent français, me demanda si je pouvais avoir une connexion internet d’où je ne trouvais.
Spontanément, je répondis en français.
Puis, elle revient en compagnie d’une autre demoiselle, une finlandaise.
Je les accompagnai pour une bière.

Le billet d’avion avait été changé au matin, elle resterait plus longtemps en Nouvelle-Zélande. Qu’est-ce qui la retenait ici ?
Un anglais rencontré quelques jours auparavant.
L’envie de se poser et qui sait de trouver l’amour, ici en Nouvelle-Zélande.
28 ans, bientôt 29. Flavie, jolie demoiselle, cherche l’amour.
Parcourir le monde pour trouver ce que tout le monde cherche.
Faut-il aller si loin ?
Si ce n’est pas à Wellington, ce pourrait bien être en Australie.
Il n’y a rien à perdre.
Car Flavie cherche l’amour.

Je comprends.
Je comprends l’envie de vouloir appartenir, je comprends l’envie d’être aimé, je comprends l’envie de vouloir aimer.
Je me suis aussi fait prendre au jeu. Je me suis dit… « Hum… peut-être que je vais rencontrer quelqu’un et déménager dans un autre pays… »

De toute façon, avant même mon départ, on prédisait mon retour en amour et enceinte !
Vous imaginez !

Je n’allais pas parcourir le monde pour trouver l’amour.
Je n’allais même pas parcourir le monde !
De toute façon ; je ne sais même pas si je pourrais reconnaître l’amour même s’il se trouvait sur mon chemin !

Je ne connais pas beaucoup Flavie. Nous avons partagé quelques bières et un café au matin. Nous n’avons qu’effleuré nos vies. Mais j’étais triste de la laisser sur le quai de la plateforme numéro 9 du terminus de Wellington.

Encore une fois sur mon chemin, je rencontrai une jeune femme qui me ressemble. J’ai un côté du cœur comme Flavie L’amour.

Est-ce le cri du cœur de la femme célibataire à l’approche de la trentaine ?

Ce matin-là en serrant Flavie dans mes bras sur le quai de la plateforme numéro 9, j’avais l’impression de me serrer moi-même dans mes bras et de faire la paix avec ce côté de mon cœur.
Je lui souhaitai un sincère « bonne chance ».
Je ne sais si j’aurai de ses nouvelles.
Mais j’aimerais bien la savoir heureuse et amoureuse.
Savoir qu’elle est maintenant Flavie L’amoureuse.

Wellington la grise

5 février Je suis déjà un peu nostalgique. Transférant les photos de mon ami allemand sur mon ordinateur, je revoyais l’Abel Tasman National Park. Je réalise que j’y serai restée toute ma vie, si non, vraiment plus longtemps.

Mon premier matin, hors de mon parc, matin gris et pluvieux sur Wellington.
Rien pour m’aider. Je sais pourquoi j’aime autant Wellington. On dirait Vancouver, mais en plus petit.

Matin un peu pressé, je décide de changer d’hôtel et j’ai rendez-vous à 11hre au musée Te Papa avec Christof, un allemand qui était à l’Aquapckers quelques jours plus tôt.
Décidément, mon voyage en Nouvelle-Zélande est rempli d’allemands. Il est fermier et il habite en banlieue de Stuttgart, où habite mon amie Maren.

Je prends l’hôtel voisin, un peu plus cher, mais plus accueillant. J’y laisse mon sac, l’inscription se fera plus tard.
Direction Te Papa.
Nous passons plus de 3 heures au musée, à lire et à apprendre sur la Nouvelle-Zélande.
La faune, la flore, la vie marine, l’histoire. Il y a même une petite maison qui simule un tremblement de terre… je revis avec sourire cette sensation.
Le musée me fait un peu penser au Musée de la civilisation à Québec, mais en un peu plus grand. On peut toucher, bouger des portes, il y a une foule de petits films… c’est très intéressant.
Alors que je regardais un film sur les volcans, je décide de changer mes plans.

Je ne resterai pas à Wellington.
Je remonte vers Taupo.
Je vais monter le Tangariro.
Un volcan.
Le timing est parfait, j’y serai le 7 février.
Je cherchais justement quelque chose de particulier à faire pour cette journée.
Je l’ai.

La faim nous mène vers la sortie.
Nous sommes à la recherche d’un fish and chips.
Nous le trouvons sur la rue Cuba. Je connais cet endroit pour m’y être baladée avec Maren.
Nous nous dirigeons vers mon nouvel hôtel.
Christof décide d’organiser ses plans et de me rejoindre à Taupo. Nous irons à Tangariro ensemble. Puis souhaitant visiter Gisborne, il n’y accompagnera également.

C’est encore gris, mais la pluie ne tombe plus. Bouteille de vin sur la table, nous transférons ses photos et je lui donne un coup de main pour les envois, il est peu familier avec le médium. Et, je deviens une pro !

Là, je revois Abel Tasman, à travers ses yeux, à travers ses photos.
Je soupire. Je me souviens et mes états d’extase et d’extrême bonheur.
Nous terminons la deuxième bouteille, j’ai sommeil et je me dirige vers mon hôtel.

vendredi 8 février 2008

Mon frère silencieux.

Chaque famille traîne ces histoires. Il y a de bonnes histoires, des moins bonnes. Mais chaque ruisseau trouve sa source.
Moi, j’ai un frère silencieux.

Ce n’est pas nouveau. J’ai grandi dans son silence. A la maison ou à l’école, il ne me parlait pas.
Un an après avoir quitté la maison et la ville, il m’a vu.

Nous nous sommes rapproché. Il a reconnu nos ressemblances. Nous avons même entretenu une belle et bonne relation durant près de 5 ans je crois.

Différents événements l’on ramené dans son silence.

Alors que je préparais mon départ, j’étais à Québec, à la maison familiale ; seule et découragée par mon départ, enterrée et atterrée par tous ces petits choix de choses à apporter ou à laisser, par tous ces trucs de bagnole et d’outils, je lui téléphonai.

Je laissai deux messages. Un à la maison, un sur son portable.

« J’ai besoin de toi, j’ai besoin d’aide, réponds-moi. Je suis là. Je ne t’ai pas souvent demandé quelque chose, aujourd’hui je le fais. Je vais t’aimer quand même si tu ne me réponds pas, mais je ne te demanderai plus rien. »

Si on connaît Anny Lefebvre, on sait que ces messages n’arrivent pas souvent.
Mes messages restèrent sans réponse.

Je poursuivi mes approches.
Un email pour lui annoncer mon blog et le décès de notre grand-mère.
Sans réponse.

Puis une carte postale de Vancouver.
Je voulais lui dire que j’allais traverser le monde pour me rendre en Nouvelle-Zélande. Mais ce n’était pas l’essentiel de mon message.
Je voulais lui dire que à travers ma traversée du Canada, j’avais eu beaucoup de temps pour réfléchir...
Et que j’étais maintenant convaincu que l’on ne pouvait pas régler un problème de communication par le silence.
Bien entendu, on n’attend pas de réponse d’une carte postale.
Tout comme je n’attends pas de réponse de sa part.

Aujourd’hui, j’ai mis à la poste une autre carte postale.
Je lui annonce ma prochaine destination : l’Argentine et quelques pays de l’Amérique du sud.

Mais je voulais surtout m’excuser, lui dire que je suis désolée, mais que je n’ai pas de place dans mes bagages pour la rancœur, c’est trop lourd à traîner.

Peut-être un jour comprendra-t-il que la vie est un aller simple et que l’on ne refait pas le temps qui passe.

une nouvelle camera

Après avoir échappée la mienne, reçu à Noël il y a trois ans, dans la piscine de Cléopâtre, je me suis précipitée à Motueka, pour faire l’achat d’une nouvelle caméra.
Je disposais de deux heures, gracieusement offerte par Chris. Le temps pour lui de prendre ses courriels, de faire quelques papiers et d’aller faire les courses pour l’Aquapackers.

A Motueka, peu de possibilités, mais je refusais de passer deux autres semaines là sans caméra. Alors… la pharmacie était ma première option et le Warehouse (un genre de petit Wall-Mart) ma seconde option.
Je débute par la pharmacie.

Les prix varient entre 299$ et 1799$.
Mes critères sont : un bon nombre de pixels, bien que je n’en sache pas trop sur le sujet et surtout un bon zoom.
Je refuse de me limiter à un zoom de X3.
Après plus d’une heure de conversation avec le conseiller… je fais un presque choix. Mais je décide d’attendre, je vais voir au Warehouse.

Le Warehouse… premièrement, pratiquement tous les modèles étaient à cours de stock… mais moins cher qu’à la pharmacie.
Je demande pour voir un modèle.
Quoi ?
On ne peut pas mettre de batteries dans la caméra ?
Mais comment suis-je supposée acheter une caméra si je ne peux la prendre dans mes mains et regarder son fonctionnement !
Alors que j’allais perdre patiente, je décidai de quitter l’endroit. C’était trop con pour moi !

Cette mésaventure me fit tout de même réaliser quelque chose… Les piles rechargeables…Si je faisais l’achat d’un appareil avec piles rechargeables, je devrais me procurer un adaptateur canadien pour recharger mon appareil néo-zélandais… Je trouvais ça compliqué.

Le temps fuyait, comme toujours. Je devais faire vite.

Je retournai à la pharmacie.
Et je fis l’achat de l’appareil sélectionné. Un kodak kodak.
Avec des piles, un nouvel étui car l’appareil est plus gros et une nouvelle carte mémoire car l’autre est dans l’eau.
Facture totale : 650$.
Mais bon ! C’est juste de l’argent me dis-je.

J’arrivai juste à temps pour mon rendez-vous de retour avec Chris.
Et nous reprîmes la route vers l’Aquapackers.

J’utilisai ma caméra pour la première fois pour filmer des baleines…

Puis les mésaventures commencèrent. La caméra ne voulait pas fermer.
Le zoom reste toujours ouvert… premier problème. Il dura quelques jours.

Puis les choses se compliquèrent… le mode automatique ne reconnaissait pas le format de certaines photos...
Je devenais folle ! Merde ! On parle du mode automatique ! C’est quoi le problème !

Je perdis durant cette journée plusieurs belles photos, car je pouvais les voir à un certain moment… Une photo de moi prise par Chris à Separation Point, un vraiment bel endroit. Des photos de nos pétoncles, de moi qui les ouvrent, des coquillages, de l’intérieur, de nos pauas, les dauphins. J’étais vraiment déçue.

Il fallait faire quelque chose. Mais là j’avais un problème de temps… je travaillais jusqu’à dimanche et le dimanche la pharmacie et fermée. Lundi, c’est jour férié. Nelson’s day. Fermé. Alors je devais attendre à mardi… Merde ! Mardi le 5 février… ça me met beaucoup trop tard. Je ne pouvais pas attendre…

Je confiai le tout à Chris. Ma caméra, ma facture, ma carte de crédit…
Mon objectif était d’obtenir un remboursement, au pire un échange. Je ne fais plus confiance à ma caméra.
Chris se rendit à la pharmacie.
Bien entendu, elle devait avoir la frousse, car elle fit la gentille. Ouvrir et fermer, pas de problème, et toutes les photos restèrent en mémoire.

Il laissa donc ma caméra à la pharmacie et demanda à mon conseiller de prendre plusieurs photos durant les prochaines heures et d’ouvrir et fermer la caméra.
Il n’y eu aucun problème…
Un simple grain de sable peut faire empêcher de fermer la caméra…et le problème de format venait peut-être du fait que je n’avais pas formaté ma carte mémoire…

Le gentil conseillé me laisse une note en me souhaitant bonne chance et bon voyage.

J’étais déçue.
Mais la bonne nouvelle est qu’avec mon kodak kodak je peux aller dans tous les magasins kodak du monde. Et que j’ai une garantie de un an…

Je vais apprendre à l’aimer maintenant et aussi à l’utiliser car pour l’instant elle me donne quelques problèmes quand vient le temps de télécharger mes photos sur mon blog.

De plus elle est grosse… mon ami allemand riait en disant qu’elle avait l’air des premiers modèles de caméra digitale !
C’est chien !
Je vais apprendre à l’aimer car je souhaite qu’elle reste fidèle !

Mon départ de Tasman

3 fevrier

Dernier matin sur le Cat-a-Rac, le bateau est plein.
Je cherche sans cesse les paroles de la chanson : « I’m leaving on a jet plane». Je sais maintenant que John Danver en est l’auteur. Mais la version que je chante est une reprise.
Je chante que je quitte. Je suis triste et excitée.

Le taxi bateau me prend à 10hre.
Mon sac est prêt, je quitte ce paradis terrestre.

Je ferai le voyage jusqu’à Marahau avec un chargement de sac à dos. Ce n’est pas un transport officiel, mais le chauffeur, que je connais maintenant, je rends service. Le premier taxi étant un peu tard pour mon horaire.
Nous arrêtons d’abord à Kaiteriteri, porter les sacs.
Je donne un coup de main. Je me fais offrir en plaisanterie un job de chauffeur de taxi. Je réponds que j’y pense pour l’an prochain. Je réponds à la blague, bien entendu, mais l’idée me fait rêver.

Puis nous arrivons à Marahau.

Mon chauffeur troque la conduite du bateau pour la conduite du tracteur, et sur la route, comme un duchesse debout et seule sur mon bateau, je traverse le petit village jusqu’aux quartiers d’Aquataxi.

Chris m’attends dans son super bolide, il me conduira jusqu’au traversier de Picton.
Nous arrêtons d’abord à son appartement, le temps de prendre mes courriels et de prendre une bonne, longue et chaude douche.

Je rince le dernier sel du l’Abel Tasman National Park de sur ma peau.
J’arrête me prendre un cappuccino et nous prenons la route.

2 heures de route nous attendent. Deux heures pour se dire au revoir. Je crois que je commençais à m’attacher à mon capitaine. J’oserai croire que c’était réciproque.

Le paysage déroule sous mes yeux, j’enregistre ces images dans mes souvenirs, je fais la route pour la dernière fois.

Nous arrêtons pour dîner à Havelock, reconnu pour ces fermes de moules.
Un dîner de moules fraîches et une bière.
Je savoure chaque moment, autant que mon dîner.
Le soleil est bon.
Puis, nous repartons. Et trop rapidement, nous arrivons à Picton.
Je suis rendue, il me reste que quelques heures sur l’île du sud.
J’enregistre mes bagages, Chris trimbale mon sac à dos, beaucoup trop lourd pour rien.
On se dit au revoir, on se souhaite bonne chance et se promet de rester en contact.
Je prends une photo du bolide et je le regarde s’éloigner.
Une page se tourne.
Je marche dans le port de Picton.
Le soleil est au rendez-vous. Les palmiers, les gens heureux des dimanches après-midi.
Puis je remarque au milieu de la pataugeuse, un canard, un Donald Duck, qui me ramène dans mes souvenirs d’enfance.
Je crois que c’était au zoo de St-Félicien. Je devais avoir autour de 3 ans. Probablement l’un de mes plus vieux souvenirs. Il y avait un canard semblable à celui-ci, mais avec un moulin à eau à ses côtés. Pause familiale, mes frères et ma mère, mon père dernière la caméra. Je ne sais pas si j’avais peur de quelque chose ou si je ne voulais simplement pas me faire prendre en photo, mais je pleurais. Une crise de larmes. Sur la photo, ma mère me retient par les épaules.
Nous avons souvent plaisanté sur cette photo. Se demandant pourquoi je ne voulais pas faire la pause.
A Picton, dans ce décor bien différent, je revoyais le canard qui faisait la pause au milieu de son bassin. J’étais derrière la caméra.
Je me baladai dans Picton et m’arrêtai pour une bière.
J’écrivis pour la première fois en anglais. Souvent en cours de voyage, je me suis dit que je devrais me lancer et le faire. Écrire dans la langue de Shakespeare.
Il me semblait ce jour là que mes mots étaient plus appropriés en anglais.

Puis vint le temps de me rendre au traversier.
Pour ma dernière traverser, le soleil était au rendez-vous.
J’en étais fort heureuse.
Je regardais s’éloigner l’île du sud, entre le soleil et le cœur serré. Pourquoi faut-il quitter ce qui nous plait autant.
Simplement parce que c’est ça la vie. La navette me conduit à mon hôtel, je fis un tour de la ville vide du dimanche soir.
J’aime les villes en action, je les trouve tristes lorsqu’elles dorment.
Je retrouvais mon dortoir vers 23hres.
Je dormirais confortablement ; je ressens encore les vagues du bateau.

mardi 5 février 2008

Bilan Bateau

1er février.

Ce matin, Katy a quitté pour ses journées de congé.
Chris à pris un week-end de congé.
J’ai passé la journée seule sur le bateau, en attendant l’arrivée de Tracy qui sera l’autre nouvelle employée.
Le père de Chris sera là pour le week-end, comme il l’avait été lors de mon premier week-end ici.
Je me suis lavée les cheveux dans l’eau salée pour la dernière fois, que j’aimais cette activité !
Pour la première fois depuis mon arrivée ici, le gars des kayaks est venu prendre un café… les gens commence à être familier avec moi, et voilà que je quitte.

Me voilà à l’étape du bilan.
Demain est ma dernière journée, les bateaux sont pleins.
Une grosse dernière soirée qui sera amusante ; je l’espère.

Qu’ai-je appris ici ?
Qu’est-ce que je venais chercher ici ?

Je crois que j’avais beaucoup d’attentes par rapport à mes apprentissages sur les bateaux…c’était l’une de mes principales raisons de venir ici.
Bien entendu, je devais travailler, c’était la raison majeure, mais j’étais fort heureuse d’avoir trouvé un bateau pour le faire.

J’ai appris à faire des nœuds et à les défaire. J’ai même pu en utiliser un deux fois !

J’ai appris à partir le moteur, à charger les batteries et à démarrer la génératrice et à arrêter le moteur en allant dans la cale du bateau si le bouton « stop » ne fonctionne pas.

J’ai conduis deux types de zodiaque et j’ai tenu la roue des deux bateaux, dont l’un durant le cyclone.

J’ai appris à lancer le crochet, je me suis pratiqué à le lancer aussi !

Je connais ce qui a trait au remplissage des réservoirs d’eau et au four à diesel.

J’ai appris à jeter l’ancre et à le remonter.

Un peu sur les vents, la mer et comment trouver le bon endroit pour ancrer.

J’ai assisté à la pêche en apnée et à celle en plongée sous-marine.

Je me rends surtout compte que le temps à passé bien vite et que mes 17 jours travaillés, et ma vingtaine de jour passé ici ne sont pas suffisants pour bien maîtriser tout cela, que les occasions de faire chacun de ces gestes ne se sont pas présentées assez souvent…

Ce fût une initiation.
Une belle initiation.
Ma curiosité et mes centaines de questions ont certainement aidé à mes apprentissages, et je crois que réalistement, je ne pouvais pas vraiment en faire ou en apprendre plus.
Bien que je reste un peu sur ma soif.

Je ne sais pas trop ce que j’ai appris sur moi, je crois que je devrais attendre d’avoir quitté pour vraiment le réaliser et faire cette partie du bilan. J’ai un filon... sur le plan relationnel et émotionnel… peut-être même en lien avec les départs… j’y reviendrai certainement.

Je suis contente d’être passée ici et je crois que je serai un peu triste à mon départ.
Ce paysage est magnifique.
Combien de fois j’ai ris aux éclats en réalisant que c’est bien moi qui se trouvais dans cette folle aventure !
J’ai dit souvent que j’étais heureuse.
J’ai eu les yeux brillants et je sourire aux oreilles à contempler que l’horizon ou prise dans mon émotion.
Je me suis vraiment sentie heureuse.
Parfois je riais aux éclats ou je criais pour laisser sortir un peu de ce bonheur, par peur d'exploser de bonheur.

J’accepte de partir, même si je sais que j’aurai aimé rester.
Parfois, je me dis que j’aurai peut-être juste étirée la sauce si j’étais finalement restée.

Je fais confiance à la vie et je suis mon chemin.